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- Bord de Somme, 2010
- Enquête de Sophie Douchain
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Catherine, Gailly
Dans le temps, ici, c'était une caravane qu'on a fait sauter. On en a fait un salon, et j'ai ma chambre à coucher. Moi, j'ai acheté comme ça. On a refait en allant. ça va faire quatre ans qu'on est ici. Les gens avant nous, c'est des gens du nord. Seulement, il a perdu sa dame et il avait quatre enfants et il a revendu. Et je vivais dans l'autre chemin, moi dans le temps. Et mon mari, à l'époque est devenu diabétique, juste au même moment. Donc, quand ils ont vendu ici, j'ai sauté sur l'occasion pour pouvoir... c'était plus grand. J'avais une caravane, je dormais dedans. Elle était nickel chrome. Mais là, c'était une vieille caravane, c'était plutôt un débarras, plutôt qu'autre chose. Là-bas, cela faisait plus camping. On rentrait du travail, c'était cool, on se sentait en vacances. Moi, ici, ça fait six ans. Mais ça fait de longue date, longue date. Parce qu'avant on était à Chipilly. A côté d'un étang. Je ne suis pas originaire d'ici. Je n'ai rien contre les Picards, mais je suis fière de ne pas l'être. Je suis mariée avec un picard, un vrai. Il est de St Leu, puisque c'est le noyau de la Somme. Mais je suis de la Région parisienne, dans le département 28, l'Eure et Loire, le grenier du blé. C'est un plateau de blé, il n'y a que ça, du blé, du blé, du blé. Dans les champs, il n'y a que du blé. Si vous trouvez un champs de maïs, c'est parce qu'il y en a un de temps en temps comme ça. C'est pour la chasse. C'est pour laisser le gibier rentrer dedans. Ma soeur vivait dans un mobile home pour le métier que mon beau frère faisait. C'est mon beau frère et ma soeur qui m'ont élevé, et on vivait dans un mobile home de douze mètres, pour le métier. Il montait les pylônes, les têtes de chasse, ça s'appelle. Ce que vous voyez sur les autoroutes, quand vous prenez les grosses boules qu'il y a en l'air, et bien c'est lui qui montait tout ça. Donc, on a fait toute la France. Et on a atterrit à Abbeville. Et après, elle a arrêté parce que la petite, il fallait qu'elle aille à l'école, un suivi correct, et ils ont tout arrêté. Et en vieillissant, mon beau frère... parce que monter là haut, ce n'est pas évident. Des morts, il en a vu. On a une télé dans la chambre, mais on est embêté, parce que mon capteur, j'éteignais le soir, mais dans la chambre, il est mort, paix à son âme. Donc on essaye de remettre une autre parabole, parce que j'ai un autre modulateur, pour pouvoir mettre dans la chambre.
Et voilà pourquoi, je suis arrivée dans la Somme. Sinon, je ne suis pas née ici. Je vous dis, je n'ai rien contre les Picards. D' Abbeville, j'ai été à Vignacourt. J'ai acheté. Et c'est là qu'après, j'ai connu le père de mes enfants, qui était cordonnier. J'ai abandonné ma coiffure à trois mois de mon C.A.P. J'avais quatorze ans et demi, quand je suis arrivée. Et après, j'ai été cordonnière. Après, j'ai quitté le père de mes enfants, j'ai refais ma vie entre deux, j'ai divorcé, et me v'là.
Nous, on avait une location à Le Hamlet. On venait juste d'acheter la caravane là-bas, pour aller à la pêche le week-end. Comme le propriétaire, me l'avait loué meublé, lui, voulait refaire une cuisine encastrée. Du coup, il me dit, pendant deux, trois mois, tu peux très bien partir à ta caravane. Je dis ouais. Moi je pars travailler le matin, je reviens le soir. Tant que c'est deux, trois mois, pas de soucis. Et heureusement, que j'ai fais faire un papier au propriétaire, comme quoi, pendant deux, trois mois, je ne payais pas de loyers, et que je revenais. Quinze jours avant de revenir, le 1er novembre, il avait vendu la maison. J'ai été à la mairie de Cerisy, pour expliquer mon cas. Je trouve pas de maison du but en blanc comme ça, c'est pas évident. Surtout que je ne voulais pas vivre en appartement. Les appartements, j'en trouvais. Du coup on est resté là, le maire, il dit restez là cet hiver, et vous verrez bien l'année prochaine. Et du coup, on est resté. ça fait six ans qu'on est là. Donc, je vote à Cerisy. Dans l'autre chemin au dessus, c'était une vraie caravane avec un haut vent en dur, tout en lambris. C'était magnifique. Je me préférais à la base de l'autre côté, qu'ici. Cela faisait plus style camping. Là, ça fait plus maison. Quand je suis arrivée ici, j'en ai pleuré. Mais de l'autre côté, il n'y avait pas d'eau, j'avais pas de salle de bain. C'était le camping, le camping. On avait acheté ça, c'était juste pour les week-ends, on ne savait pas qu'il allait nous arriver cette tuile. Comme le maire je le connaissais déjà depuis des années, il dit « je sais que tu ne fais pas d'histoire ». J'avais déjà passé un hiver impeccable, et ben voilà. Je suis restée à l'année. Et ça se passe bien à part les soucis de santé, mais ça, c'est autre chose.
A 'année, ici ,il y a une trentaine de personnes, de couples du moins, parce qu'il y en a qui ont des enfants. Et quand il y a tous les estivants, ça fait du peuple. ça fait pas loin de deux cents. Il y a déjà cent maisons. Et le week-end, c'est beaucoup des gens du nord et du pas de calais.
Avant la véranda n'existait pas, on a rehaussé, parce que tous les ans, du chemin, toute l'eau rentrait à l'intérieur. On a été inondé deux fois ici. C'est pour ça qu'il y a des marches. Et ras le bol quoi! Par la suite, on va faire rehausser jusque là bas, avec des gros gravillons, comme il y a dans les chemins. C'est pour ça qu'il y a une remarche, on a du remonter, ce qu'il a fait là, la dalle de béton. ça arrive jusque là bas, c'est à niveau. Parce que deux fois inondé, c'est bon. A Chipilly, avec mon ex mari, on a été inondé. L'étang est monté, et on a eu de l'eau au niveau des genoux. On a eu un mobile home spécial par l'état, pour pouvoir y rester. On a tout réparer, mais ça fait mal au coeur. Sinon, au niveau aménagement, ici, on a fait la véranda, on retiré la caravane, mais les murs étaient existant de toute façon. Ils avaient bâti tout autour de la caravane. C'est tout ce qu'il y a de plus simple chez moi, je ne suis pas fortunée, c'est tout simple. Je fais en allant. Avant je travaillais, maintenant, je ne peux plus. Et je me bagarre pour avoir ma pension.
Niveau eau, c'est un puits qui a été foré par un gars qui est du métier. Il est à Cerisy. Lui, c'est son métier. Pour les évacuations, j'ai une cuve de 3000 litres derrière ,que je fais vider. Et de l'autre côté, j'avais une cuve quand même. Ah, non là dessus... J'avais pas d'eau. Il fallait que j'aille chercher de l'eau, parce que je n'avais pas de forage, il fallait que j'aille chercher l'eau au robinet, mais là bas, j'avais une cuve aussi. Je ne sais pas si ici, tout le monde en a une. Mais quand on a acheté, et mon fils en face aussi, on a demandé, s'il y avait bien une cuve et les papiers de la cuve. Parce que ça c'est quand même assez important à la base.

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