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- Enquête de Sophie Douchain
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Céline, Gailly
Moi mon père, il a trouvé son chalet parce que mon oncle, il l'avait trouvé. Donc, il en a parlé à mon père, et du coup il a pris le terrain. C'est tout ce que je sais, en fait. Moi, mes parents sont décédés, donc...
J'avais quatorze ans quand je suis arrivée ici. En fait, c'est de bouche à oreille, quoi! C'est surtout ça, et comme avec mon père, on habitait Roubaix, donc forcément Roubaix, c'était pas très reluisant. Déjà à l'époque, c'était pas très reluisant, alors maintenant c'est encore pire. Donc, on venait à la campagne pour passer les vacances.
Maintenant j'habite là. Mes parents sont décédés, j'ai hérité de leur petit chalet. Alors on est venu. Comme lui (désigne son mari), ne travaillait pas, il n'y avait rien qui nous retenait dans le Nord, du coup on est venu là. ça fait cinq ans. Et on ne regrette pas. Je ne vivais pas avec mes enfants là-bas.
Faut les moyens, vu qu'on ne travaille pas, faut qu'on entretienne. Là, il commence à tomber en ruine. Enfin en ruine, il tient debout. Mais il faut refaire la plomberie, l'électricité. Faut tout refaire. Un petit peu à la fois, on y arrivera.
On fait ce qu'on veut sur les terrains, sauf qu'on n'a pas le droit aux fondations. Sinon, on fait ce qu'on veut. Tout doit être démontable en fait. Tout doit être démontable au cas où. Mais bon, ils ne le feront jamais, ça fait quand même des années qu'on est là. Ils ne reprendront jamais, c'est des terrains communaux, c'est pas privé.
Nous ça fait que cinq ans qu'on est là. Enfin je venais en vacances, mais on était tchous. Mais on est toujours venus régulièrement. Nous on était gamins, on faisait pas trop attention, on connaît que les environs. On connaît pas vraiment tout le coin.
Ici, c'est un prix moyen à l'année, donc... c'est moins de cinq cent euros par an. C'est pas énorme.
Les plus jeunes ici, c'est ma fille en fait. Les jeunes, ils ne restent pas ici, vraiment. Avant, il y avait un bal le 14 juillet, il y avait un bal le 15 août. Maintenant, il n'y a plus rien, c'est mort. ça finissait toujours en bagarre.
Moi je ne sors pas tellement, les gens...pff. Il y a beaucoup de cancans, beaucoup de rumeurs. ça m'intéresse pas. c'est pire qu'en ville. Il y a beaucoup de cancans, des on-dit, des rumeurs. Moi, je ne sors plus. Avant, on se connaissait tous. Bon maintenant, tous ceux qu'on a connu étant jeunes, ils ne sont plus là, y a plus personne. Il y a encore deux, trois personnes qui sont encore là et qui étaient là quand on était jeunes, mais maintenant, c'est tout des nouveaux. Enfin des nouveaux anciens, mais des nouveaux par rapport à nous. On est 60, 70 à habiter ici à l'année. Ah y en a beaucoup. Ma fille, elle a racheté ici. Ils se sont mariés l'année dernière. Du coup, elle reste là.
Il y a eu beaucoup de ventes quand c'est passé à cinq cent euros. Avant, on payait moins de trois cent. Il y a eu beaucoup de ventes quand c'est passé à cinq cent, parce que y a des gens qui ne vennaient que juillet août. Moi mon père, des fois, il payait neuf cent francs. C'était en franc à l'époque. C'était entre neuf cent et mille francs à l'année. Au début, au début. Puis après, ça a changé de maire. Après, c'est politique.
Quand moi j'étais jeune, on ne restait pas dans le camps, en fait. On était toute une bande d'amis. A pied, on faisait tout à pied. Donc le camp, on ne connaît pas vraiment en fait. Et maintenant que je reste là, je vais chez moi, je vais chez ma fille et je vais à mon jardin. Je ne parle pas aux gens. Bonjour, bonsoir. Ce qui se passe maintenant, je ne sais pas vraiment.
Maintenant l'eau, elle est sale. Ma fille, elle a attrapé des bouchons à cause de ça. La vase, elle lui est rentrée dans les oreilles, elle a attrapé des bouchons, elle avait des morceaux de bois dans les oreilles. Si c'est vrai. Elle ne va plus au canal.
Avant juste là bas au fond, où il y a des oies, on arrivait le week-end,, on arrivait le samedi après midi en général. Et bien tous les jeunes étaient avec leurs serviettes. A l'espèce d'île, on allait se baigner là, avant.
Moi l'eau, je suis au forage. J'ai tout le confort, j'ai l'électricité, j'ai l'eau, des douches. Ah non, sinon, je ne serais pas rester là à l'année. C'est mes parents qui avaient fait forer, il y a à peu près une vingtaine d'années. Ma fille, elle n'a pas l'eau. Elle va au robinet.
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