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Maire de Cerisy
Bernard Delporte,
Les petits chalets? Je les ai toujours connu. Ils sont là depuis au moins une quarantaine d'année.
Je suis natif du village, mais ma carrière professionnelle, je l'ai passée ailleurs. Ce n'est que mon second mandat.
Nous avons déjà rectifié une trentaine. Au moins vint-deux, vingt- trois au stade. Il y en avait qui longeait le stade, on les a fait partir. Il y a quatre ou cinq ans. On a fait des travaux d'aménagement, et comme c'était vraiment très mal entretenu, on les a fait partir.
Vous savez que le fleuve ne passe pas ici. Cela fait partie de la Somme domestiquée. Le fleuve passe de l'autre côté. Côté Chipilly et Sailly Laurette. Le fleuve... c'est un bien grand mot. Quand j'étais à l'école il y en avait quatre en France. Maintenant, vous en trouvez partout des fleuves.
Alors, les Habitations Légères de Loisirs, j'ai dit une quarantaine d'années, je n'abuse pas en disant cela. On a réduit le nombre. Et le but avoué, ce serait de tous les faire partir. Mais comment faire? C'est la volonté de... (soupir) C'est la volonté de tout le monde. De la préfecture, de la sous préfecture, du Syndicat de la Vallée des Anguillères. Il ne faut pas se voiler la face. Sur une centaine, nous en avons une vingtaine qui sont devenues des résidences principales. Sur les deux espaces. On en a une quinzaine sur Gailly et... C'est étonnant que vous me parliez de cela, parce que nous répertorions toutes ces habitations légères de loisirs à la demande du SVA. Ce sont des gens qui gère un peu la Somme et qui voudraient qu'elle redevienne ce qu'elle était, il y a cinquante ou soixante ans.
Il est certain que ces habitations légères de loisirs sont implantées là dedans. Il y a l'électricité. Je ne comprends même pas, que la commune à cette époque là, ait réussie à leur obtenir un réseau électrique et téléphone. Il n'y a pas l'eau. Il n'y a pas d'assainissement. Le problème, c'est ça, l'assainissement. Il n'y a pas d'assainissement. La plupart ont des fosses étanches, qu'il faut vider régulièrement. Est-ce que c'est fait? Nous la commune, nous n'avons pas de regard là-dessus.
Il y a des gens qui entretiennent très bien, pour d'autres, tout est à l'abandon. Ce sont des lieux de vacances pour beaucoup. Mais ce sont des lieux de résidences principales, et c'est là que cela devient génant. Pour des gens qui n'ont plus les moyens d'avoir un appartement en ville. Ici, ça leur coûte 400 ou 500 euros par mois. Ils louent le terrain, c'est tout. La construction est faite plus ou moins régulièrement puisqu'il n'y a pas de permis de construire délivré. Ils contournent tout ces gens là. Pas de loyer à payer. Pratiquement pas d'argent. Ils arrivent à survivre comme ça, avec une pension modeste. Les baux sont renouvelables tous les neufs ans. Ne pas renouveler le bail, ne les ferait pas partir. Nous n'avons pas le pouvoir de les faire partir. C'est difficile. Surtout les gens qui sont là à l'année. il faut leur trouver un logement. Si ce n'est pas la commune, c'est la préfecture, et elle en est est bien incapable. On a des problèmes de logement. On avait un couple en résidence principale qui nous causait des problèmes ici. Ils ennuyaient leurs voisins, enfin, on avait des problèmes avec eux. On a intenté de les faire partir. On a pris un avocat. ça a duré trois ans. Ce qu'il avait pour lui, c'est qu'il avait beaucoup d'enfants en bas âges. Il est toujours là. ça nous a coûté cinq ou six mille euros d'avocat, et il est toujours ici. Pourtant on avait des arguments pour le faire partir. Les personnes qui sont là à demeure ont scolarisé les enfants à l'école, et on ne peut pas refuser. Ce serait malheureux pour les mômes, ils n'y sont pour rien.
Au stade, on a eu affaire à des gens assez souples quand même. C'était des gens qui étaient là depuis très longtemps et des personnes âgées. Pour la plupart, ça n'a pas causé problème, parce qu'on avait réaménagé le stade, donc ils ont très bien compris. La moitié est partie la première année. Et la deuxième année, ils sont partis sans faire de problème. Par contre, on en a derrière le pont métallique, qui sont là depuis une trentaine d'années aussi et qui ont bien aménagé. Ils ne comprendraient pas aujourd'hui qu'on les fasse partir. Là ce sera difficile. A Gailly aussi, ce sera difficile. Je m'y attends un jour. Qu'une décision préfectorale qui fasse que... Mais nous prendrons nos responsabilités, et la préfecture aussi. Là ici de l'autre côté du pont métallique, c'est en zone inondable aussi. Ils le savent. Il n'y a plus d'assurance qui marche. De l'autre côté, à Gailly, il y en a la moitié qui est en zone inondable. Ils en sont conscients, ils le savent aussi. Il y a des bornes de crue.
Moi, j'ai toujours connu HLL, habitation légère de loisirs.
Il y a eu un laxisme au début. Ils ont commencé à s'installer, personne n'a rien dit. A Gailly, il y a l'électricité, le téléphone. EDF s'est permis de planter des supports et d'y mettre un réseau électrique. Aujourd'hui ce n'est même plus la peine. Il avait été question, il y a un moment d'y amener l'eau. Aujourd'hui, nous n'avons plus le droit de le faire. Si les assainissements ne sont pas fait correctement, nous ne pouvons pas amener l'eau. Je sais qu'avec le maire qui m'a précédé, c'était prévu d'emmener l'eau du village jusque Gailly. Il y a un point d'eau à l'entrée pour une centaine. Il y en a qui ont creusé des puits et qui forent de l'eau dans la nappe. C'est autorisé aussi, ça.
On commence à avoir beaucoup de gens du département. Des hommes seuls. Maintenant, il y a beaucoup de chômeurs. Au départ, c'était les gens du Pas de Calais, des mines. J'ai connu à une époque des cars entiers qui venaient du Pas de Calais. Ils étaient sous toile de tente à cette époque là. C'était des campings sauvages aussi. Peu à peu, ils ont clôturés, avec l'autorisation du maire, certainement. Se construire un petit abris. Le petit abris, de pièce en pièce, c'est devenu ce qu'on voit aujourd'hui. Quand il a été donné à une personne de s'installer à tel endroit, ça a plu à d'autres qui ont demandé au maire. Alors pourquoi des baux de neuf ans? On continu à respecter cet ordre là; mais il n'est fondé sur rien finalement. Sur la décision de départ du maire de l'époque. On ne peut pas faire des baux de deux ans, ça fait du boulot pour la secrétaire de mairie. Sachant que ça passe de main en main quelque fois, deux fois dans une année. On n'est pas forcément au courant. Ceux qui ont des résidences de certaine tailles, ils passent devant le notaire, d'autres ne le font pas. Ils viennent ici avec un courrier, je soussigné untel désire céder ma parcelle à monsieur untel, et c'est je reprends la parcelle de monsieur untel, et voilà. Ils viennent en mairie et c'est tout. Nous, on prend les noms, les prénoms, les adresses. On ne change pas le bail. On ne change que le nom sur le bail. C'est toute une gestion, il faut suivre. Le percepteur envoie la facture à monsieur Durant, mais il n'est plus là, c'est monsieur Dubois qui l'a remplacé.
Si la démolition était à notre charge, je ne sais pas comment on pourrait faire. Parce qu'il y a des constructions en dur. Est-ce qu'on aurait l'autorisation de raser tout, je ne sais pas. On n'aurait pas non plus les finances pour le faire. Il y a des constructions avec fondations. Il y a le réseau électrique qui est sur place. Il y a même un transformateur.
La SVA nous a posé une question quand on a répertorié tout, qui est le devenir de ces campings, est-ce qu'on voudrait les rendre camping municipaux. C'est inondable, et ils le savent très bien. Ils savent que nous allons répondre par la négative. Je ne leur donne pas un grand avenir. Je sais très bien que... A moins que la crise se termine.
Il n'y a pas que la commune de Cerisy qui est touchée par ça. C'est vrai que nous en avons un certain nombre, je ne le nie pas. A Chipilly, c'est pareil. Ils sont au bord de l'eau.
Les jeunes qui se baignent. C'est marrant, on a beau mettre des panneaux interdit, on y va il n'y en a plus. On les retrouve à l'eau. On pond des arrêtés. mais pourquoi baignade interdite, il fait des chaleurs incroyables. Il y a des jeunes qui n'ont pas les moyens d'aller dans les piscines parce que c'est trop cher. Moi, j'ai vu trente, quarante gosses dans l'eau, les flics passent et ne disent rien. C'est interdit parce que l'eau n'est pas propre à la baignade et pour ne pas se noyer. Le panneau déresponsabilise la commune. C'est tout, ça s'arrête là.
Il y a une dizaine d'année, une jeune personne s'est noyée avec sa voiture. En allant la rechercher, on a constaté qu'il y avait sept ou huit voitures à côté. Les péniches passent comme ça, et la voiture s'enfonce constamment à chaque péniche qui passe. Ils sentent bien quelque chose avec le bateau, mais ils ne savent pas quoi. Ils les touchent, la voiture s'enfonce dans la vase. Ils en ont retiré huit ou neuf cette année là. Des voitures volées certainement. Il y en a certainement encore. Depuis le temps, il s'en est remis à l'eau. Mais du moment qu'il n'y a pas de décès, rien, on ne cherche pas.

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