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Objets de réderie 2004/07

  • CREATION DU LIVRE-OBJET :
  • CREATION DU ROMAN-PHOTO :
  • CREATION DES CHAISES :
  • RECHERCHE :


L'histoire du projet



Durant Quelle vie (2000-2002), travail commun sur la mémoire vivante des habitants, les membres de LA FORGE ont été impressionnés par l'importance de l'illettrisme dans la population. Une importance jamais évaluée, un illettrisme très peu combattu.

En val de Nièvre, ce phénomène est lié au paternalisme Saint Frères qui donnait du travail à toute la vallée, dés le plus jeune âge. Aujourd'hui, de nouveaux pères donnent (ou essaient de donner) des emplois en faisant venir (en essayant de faire venir) des employeurs, en subventionnant les emplois. Ces nouveaux pères ne sont pas plus intéressés par la lecture, la culture que leurs prédécesseurs exception faite, peut-être, de la musique et du sport. Cependant, il ne peut y avoir de développement économique, social sans développement culturel.

L'illettrisme est bien là, chez de nombreux vieux ouvriers de Chez Saint Frères comme chez de jeunes travailleurs de maintenant.

Pour réaliser ses objectifs sociaux de ré insertion, de formation, l'ADE (Association des demandeurs d'emploi du Val de Nièvre) souhaite créer un jardin collectif.

En Septembre 2002, La Forge leur propose de s'associer à cette construction pour réaliser son travail de création artistique sur trame de lutte contre l'illettrisme, en complicité avec l'Urlip (Union régionale de lutte contre l'illettrisme en Picardie). Un jardin de culture (s) est un lieu économique et épanouissant. Une terre de subsistance et d'existence. Un terrain d'aventure collective.

Après un travail préliminaire suivi par Denis Lachaudvoir Autre, Jardin collectif), l'ADE finit par refuser la proposition de La Forge qui ne peut leur garantir la création d'emploi.

La Forge sollicite la Maison pour tous de Doullens qui intervient en Val de Nièvre avec des ateliers de lutte contre l'illettrisme. Pour nourrir le projet du dynamisme d’une réalité, d’une action, nous avons besoin d’un objet d’échange, possédé par la culture des habitants du Val de Nièvre, nous avons proposé la réderie et ses objets. Le terrain d'échanges, la source de stimulation, la matière à création. Pour les responsables de l’encadrement des formations, ces échanges devaient être l'occasion, renouvèlement pédagogique. Pour les participants du Val de Nièvre, ce devait être des rencontres, des échanges incitant à l’expression, à la participation à la vie sociale. Ensemble, nous voulions proposer du concret et de la langue, de l’action et de la pensée. En octobre 2003, au moment de passer la convention nous liant et nous permettant d'obtenir ensemble les subventions nécessaires, La MPT de Doullens a refusé un lien d'une durée de trois ans ainsi que l'objectif "artistique" de La Forge.

Après cette deuxième impasse en Val de Nièvre, nous faisons appel à l'association CARDAN dont nous connaissons et admirons le travail et qui nous conduit, sans attendre, dans les Centres médicosociaux de Friville-Escarbotin et d'Ault. Là, bien accueilli, le projet Objet de réderie se met en place, avec bonheur. Nous remercions très chaleureusement CARDAN et Luiz Rosas.

Janvier 2004, le travail commence à Friville-Escarbotin et à Ault, avec les assistantes sociales des centres médicosociaux, puis avec les groupes de femmes de ces centres. À partir d'objets de réderie, ces femmes du Vimeu participent à une aventure : collaborer à des productions d'écritures diverses, scientifique, littéraire, plastique, photographique et graphique.

Les premières rencontres se font avec deux scientifiques, Octave Debary, anthropologue et Arnaud Tellier, psychologue. Pour eux, en avril 2004, les femmes se rendent ensemble à la réderie de Friville-Escarbotin, photographient avec un appareil jetable les objets qu'elles aimeraient s'approprier. Puis elles leur racontent ce que les objets choisis provoquent comme souvenirs. À partir des récits, les scientifiques travaillent et l'écrivain Denis Lachaud, écrit de petites histoires.

Après la démarche des scientifiques, pour la plasticienne Marie Claude Quignon, les participantes fabriquent des objets de coton ou de laine, des chaises-livres.

Le travail effectué par les femmes, fait l'objet d'une rémunération qu'elles veulent collective : un voyage à Paris. De la Tour Eiffel au Louvre par la Seine, en Septembre 2005.

Au fur et à mesure des rencontres, les productions, les écritures sont restituées aux participantes. Des lectures publiques sont organisées avec et dans les bibliothèques municipales d'Ault et de Friville-Escarbotin. "Les Chaises" sont présentées. Dans ces quatre lieux, les écrits sont disponibles.











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