| La Forge | HABITER ? 2010... | Et le travail ? 2004... | Usine à l'œuvre 2007 | Objets de réderie 2004/07 | Quelle vie 2000/02 | Mille et un bocaux 1995/2002 | Autres... | Bazar
La Forge HABITER ? 2010... Et le travail ? 2004... Usine à l'œuvre 2007 Objets de réderie 2004/07 Quelle vie 2000/02 Mille et un bocaux 1995/2002 Autres... Bazar


Et le travail ? 2004...



Café des sports, D. Lachaud

CAFÉ DES SPORTS, L’ÉTOILE

On est natifs de Flixecourt tous les deux
On a d’abord travaillé à Amiens
    route de Paris
La sœur de mon mari tenait un bar tabac on est allé l’aider   
    pendant deux ans
La vie de famille c’est bien mais bon arrive un moment il faut
    savoir dire stop
José est boulanger de métier on a acheté une boulangerie on
    est resté quatre ans on a revendu et on a acheté ici
Ça fait dix-sept ans il y aura dix-sept ans le premier octobre
Voilà
Ça passe
On vit au dessus
On a une clientèle attitrée c’est surtout la cité des Moulins
     Bleus là quand même elle est assez grande
On vit avec ces gens-là
On est deux cafés
Il y en a un de l’autre côté du village
On a chacun notre clientèle
On a un peu de gens de par là
parce que le village il est coupé en deux
de l’autre côté c’est l’Etoile
Ça a toujours été comme ça

Quand on est arrivés l’usine en bas c’était CFRT
Ça a fermé je sais plus combien
deux-trois ans après
Ils ont licencié cent quatre-vingt personnes
     quand même
Ça a été repris par
je ne sais plus
Stella
Stella Europe
mais ça n’a pas duré longtemps non plus trois
     ou quatre ans quelque chose comme ça
ça a été fermé à nouveau pendant quatre ans
     et là ça a ré-ouvert
Mais bon nous on ne travaille pas avec ces gens-là
Il n’y a pas beaucoup de gens d’ici c’est
     beaucoup des gens de l’extérieur
Dans le temps c’était les usines Saint
il y avait les bus
les gens qui étaient avant moi travaillaient
     beaucoup avec ces gens-là
le bus s’arrêtait là devant
les ouvriers descendaient
ils descendaient la rue des Moulins Bleus à pied
ils remontaient à midi midi et demie ils
     reprenaient à deux heures
et à cinq heures et demie ils remontaient pour
     reprendre le bus donc le café travaillait très
     bien avec ces gens-là
tandis que nous c’est des gens de l’extérieur
     ils prennent leur voiture ils montent ils
     descendent
on ne travaille pas avec eux

Je n’ai pas connu Saint Frères ici je l’ai connu à
     Flixecourt mes parents ont travaillé à
     Saint Frères mes deux frangins aussi
Moi je suis issue d’une famille d’ouvriers
Mon père ne voulait pas que j’aille à l’usine
     alors je suis allée à l’école j’ai fait un C.A.P.
     employée en collectivité après j’ai postulé
     dans différentes écoles j’ai fait un peu
     toutes les écoles de Flixecourt j’ai fait le
     C.F.A. à Amiens après j’ai connu mon mari
J’ai travaillé sept ans à l’école maternelle de
     Flixecourt et puis après on a décidé de se lancer
Je ne connais pas l’usine
Mes frangins a quatorze ans quinze ans seize
     ans ils ont travaillé à l’usine mon père à treize ans
le jour de son anniversaire
ma mère plus tard elle
Elle est d’Amiens elle a d’abord travaillé sur
     Amiens puis elle a connu mon père alors elle
     est venue sur Flixecourt
Elle a eu ses bébés
c’était difficile de travailler avec trois enfants
Moi elle m’a soigné jusqu’à ce que j’aie l’âge
     d’aller à la maternelle et dans ce temps-là on
     pouvait entrer à l’usine comme on voulait
il n’y avait pas de souci
maintenant c’est plus comme ça
Dans le temps ça ne plaisait pas là on rentrait
     à côté il y avait du travail pour tout le monde
Mes frères ont connu la fermeture de Saint Frères
Il y en a un qui est parti sur Paris
Le premier travaillait sur Flixecourt il a été
     licencié comme un malpropre après trente-cinq ans
     ils ont été une vingtaine à être licenciés
au bout de trente-cinq ans de boîte
C’est grave quand-même
Il a retrouvé du travail chez Good Year
embauché au bout de six mois
Il est heureux comme tout maintenant
sur la zone à Amiens
Dunlop Good Year
Le salaire est plus motivant qu’ici
Il est heureux là bas il ne regrette pas
Ma belle-sœur aussi elle travaillait sur
     Flixecourt
Pareil elle a été licenciée maintenant elle est
     sur Abbeville
Une usine de
une miroiterie des bouteilles de parfum
Elle fait les nuits
C’était ça ou rien
Mais bon ça ne la dérange pas elle n’avait plus
     d’enfants à charge
Et c’est pareil le salaire est un peu plus
     motivant aussi
qu’à Flixecourt
Même là en bas c’est des salaires de misère
C’est le SMIC
Quand il n’y a pas de frais de déplacements
     c’est pas grave vous y allez à pied mais
     quand vous avez une voiture
l'essence les charges et tout
il ne reste plus grand chose
Mais bon
Ils ont du travail c’est déjà ça

L’usine en bas
ouverte ou fermée
nous franchement on ressent pas de différence
Il y a très peu de gens de la cité qui y
     travaillent
Il y en a de Saint-Ouen de Flixecourt il y en a
     de Longpré aussi
Les gens qui habitent ici travaillent beaucoup
     sur la zone d’Amiens
un petit peu à Flixecourt aussi
mais la plus grande partie c’est sur la zone
     d’Amiens
C’est une ville dortoir ici
Dans la cité il y a plein de nouveaux
plein de gens que je ne connais pas
Une fois j’ai fait une marche avec l’association
     de pour le vélo et la marche
j'avais fait quelques kilomètres et je discutais
     avec une petite jeune vachement
     sympathique et je lui ai demandé d’où elle
     était elle m’a dit de l’Etoile j’ai dit ah bon
     mais où et elle m’a dit en bas de la cité des
     Moulins Bleus
J’ai dit il y a longtemps que vous habitez là
Deux ans
Je ne l’avais jamais vue
Elle part le matin elle rentre le soir
elle ne nous connaissait pas non plus
Il y a mon avenue des Champs Elysées
devant
ça c’est mon avenue des Champs Elysées
mais il est vrai qu’il y a plein de gens qu’on ne
     connaît pas
Ils travaillent à l’extérieur
même leurs gamins
ils ne mettent pas toujours leurs gamins ici à
     l’école
ils partent avec le matin ils les mettent soit à
     Flixecourt soit sur Amiens ils les récupèrent
     le soir quand ils reviennent
Il y a encore une école primaire ici
Avant il y en avait deux il en reste encore une
Les gens natifs de l’Etoile
de la cité
il n’y en a plus beaucoup
Quand les personnes âgées partent
     malheureusement si c’est pas la famille qui
     reprend la maison c’est vendu
et tous ces gens-là on ne les connaît pas
Nous on travaille surtout le matin et le soir
A partir de seize heures dix-sept heures les
     gens commencent à revenir un petit peu
et dans la journée c’est calme

A part l’usine à l’Etoile il y a encore Monsieur
     Petit
Ils sont ferrailleurs ils font de la ferraille
Je ne sais pas si ça va encore durer longtemps
Il cherche à vendre et s’il ne vend pas ils vont
     arrêter dans pas longtemps
Sinon il n’y a plus rien à part une pharmacie
     deux cafés une boulangerie
Il y avait une épicerie deux épiceries mais bon
c'est tombé à l’eau
Normalement ils devraient bâtir quelques
     lotissements
Ça a été dit


Denis Lachaud








développement // POLYGUN Graphisme // Nous Travaillons Ensemble

.