- 2008-2010, à L'Étoile, Somme
- 2009, à Koudougou, Burkina Faso
- 2008-2009, aux Malmaisons, Paris
- En Thiérache du centre, Aisne
- La lettre "Et le Travail ?"
- 2005-2008, premières étapes
- Avant, en 2004, à Belfort
|
|
Café des sports, D. Lachaud
CAFÉ DES SPORTS, L’ÉTOILE
On est natifs de Flixecourt tous les deux On a d’abord travaillé à Amiens route de Paris La sœur de mon mari tenait un bar tabac on est allé l’aider pendant deux ans La vie de famille c’est bien mais bon arrive un moment il faut savoir dire stop José est boulanger de métier on a acheté une boulangerie on est resté quatre ans on a revendu et on a acheté ici Ça fait dix-sept ans il y aura dix-sept ans le premier octobre Voilà Ça passe On vit au dessus On a une clientèle attitrée c’est surtout la cité des Moulins Bleus là quand même elle est assez grande On vit avec ces gens-là On est deux cafés Il y en a un de l’autre côté du village On a chacun notre clientèle On a un peu de gens de par là parce que le village il est coupé en deux de l’autre côté c’est l’Etoile Ça a toujours été comme ça
Quand on est arrivés l’usine en bas c’était CFRT Ça a fermé je sais plus combien deux-trois ans après Ils ont licencié cent quatre-vingt personnes quand même Ça a été repris par je ne sais plus Stella Stella Europe mais ça n’a pas duré longtemps non plus trois ou quatre ans quelque chose comme ça ça a été fermé à nouveau pendant quatre ans et là ça a ré-ouvert Mais bon nous on ne travaille pas avec ces gens-là Il n’y a pas beaucoup de gens d’ici c’est beaucoup des gens de l’extérieur Dans le temps c’était les usines Saint il y avait les bus les gens qui étaient avant moi travaillaient beaucoup avec ces gens-là le bus s’arrêtait là devant les ouvriers descendaient ils descendaient la rue des Moulins Bleus à pied ils remontaient à midi midi et demie ils reprenaient à deux heures et à cinq heures et demie ils remontaient pour reprendre le bus donc le café travaillait très bien avec ces gens-là tandis que nous c’est des gens de l’extérieur ils prennent leur voiture ils montent ils descendent on ne travaille pas avec eux
Je n’ai pas connu Saint Frères ici je l’ai connu à Flixecourt mes parents ont travaillé à Saint Frères mes deux frangins aussi Moi je suis issue d’une famille d’ouvriers Mon père ne voulait pas que j’aille à l’usine alors je suis allée à l’école j’ai fait un C.A.P. employée en collectivité après j’ai postulé dans différentes écoles j’ai fait un peu toutes les écoles de Flixecourt j’ai fait le C.F.A. à Amiens après j’ai connu mon mari J’ai travaillé sept ans à l’école maternelle de Flixecourt et puis après on a décidé de se lancer Je ne connais pas l’usine Mes frangins a quatorze ans quinze ans seize ans ils ont travaillé à l’usine mon père à treize ans le jour de son anniversaire ma mère plus tard elle Elle est d’Amiens elle a d’abord travaillé sur Amiens puis elle a connu mon père alors elle est venue sur Flixecourt Elle a eu ses bébés c’était difficile de travailler avec trois enfants Moi elle m’a soigné jusqu’à ce que j’aie l’âge d’aller à la maternelle et dans ce temps-là on pouvait entrer à l’usine comme on voulait il n’y avait pas de souci maintenant c’est plus comme ça Dans le temps ça ne plaisait pas là on rentrait à côté il y avait du travail pour tout le monde Mes frères ont connu la fermeture de Saint Frères Il y en a un qui est parti sur Paris Le premier travaillait sur Flixecourt il a été licencié comme un malpropre après trente-cinq ans ils ont été une vingtaine à être licenciés au bout de trente-cinq ans de boîte C’est grave quand-même Il a retrouvé du travail chez Good Year embauché au bout de six mois Il est heureux comme tout maintenant sur la zone à Amiens Dunlop Good Year Le salaire est plus motivant qu’ici Il est heureux là bas il ne regrette pas Ma belle-sœur aussi elle travaillait sur Flixecourt Pareil elle a été licenciée maintenant elle est sur Abbeville Une usine de une miroiterie des bouteilles de parfum Elle fait les nuits C’était ça ou rien Mais bon ça ne la dérange pas elle n’avait plus d’enfants à charge Et c’est pareil le salaire est un peu plus motivant aussi qu’à Flixecourt Même là en bas c’est des salaires de misère C’est le SMIC Quand il n’y a pas de frais de déplacements c’est pas grave vous y allez à pied mais quand vous avez une voiture l'essence les charges et tout il ne reste plus grand chose Mais bon Ils ont du travail c’est déjà ça
L’usine en bas ouverte ou fermée nous franchement on ressent pas de différence Il y a très peu de gens de la cité qui y travaillent Il y en a de Saint-Ouen de Flixecourt il y en a de Longpré aussi Les gens qui habitent ici travaillent beaucoup sur la zone d’Amiens un petit peu à Flixecourt aussi mais la plus grande partie c’est sur la zone d’Amiens C’est une ville dortoir ici Dans la cité il y a plein de nouveaux plein de gens que je ne connais pas Une fois j’ai fait une marche avec l’association de pour le vélo et la marche j'avais fait quelques kilomètres et je discutais avec une petite jeune vachement sympathique et je lui ai demandé d’où elle était elle m’a dit de l’Etoile j’ai dit ah bon mais où et elle m’a dit en bas de la cité des Moulins Bleus J’ai dit il y a longtemps que vous habitez là Deux ans Je ne l’avais jamais vue Elle part le matin elle rentre le soir elle ne nous connaissait pas non plus Il y a mon avenue des Champs Elysées devant ça c’est mon avenue des Champs Elysées mais il est vrai qu’il y a plein de gens qu’on ne connaît pas Ils travaillent à l’extérieur même leurs gamins ils ne mettent pas toujours leurs gamins ici à l’école ils partent avec le matin ils les mettent soit à Flixecourt soit sur Amiens ils les récupèrent le soir quand ils reviennent Il y a encore une école primaire ici Avant il y en avait deux il en reste encore une Les gens natifs de l’Etoile de la cité il n’y en a plus beaucoup Quand les personnes âgées partent malheureusement si c’est pas la famille qui reprend la maison c’est vendu et tous ces gens-là on ne les connaît pas Nous on travaille surtout le matin et le soir A partir de seize heures dix-sept heures les gens commencent à revenir un petit peu et dans la journée c’est calme
A part l’usine à l’Etoile il y a encore Monsieur Petit Ils sont ferrailleurs ils font de la ferraille Je ne sais pas si ça va encore durer longtemps Il cherche à vendre et s’il ne vend pas ils vont arrêter dans pas longtemps Sinon il n’y a plus rien à part une pharmacie deux cafés une boulangerie Il y avait une épicerie deux épiceries mais bon c'est tombé à l’eau Normalement ils devraient bâtir quelques lotissements Ça a été dit
Denis Lachaud
|
|