- 2008-2010, à L'Étoile, Somme
- 2009, à Koudougou, Burkina Faso
- 2008-2009, aux Malmaisons, Paris
- En Thiérache du centre, Aisne
- La lettre "Et le Travail ?"
- 2005-2008, premières étapes
- Avant, en 2004, à Belfort
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Nelly & Célia, D. Lachaud
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 NELLY
Je travaille à Passy et à la Motte Picquet. Je fais le ménage. Tous les jours. La dame a cinquante ans. Elle travaille. Elle et son mari, ils sont cadres dans une banque. Ils ont deux grands enfants. J’y vais depuis 2005. C’est très grand chez eux. Il y a six chambres. Ils sont gentils avec moi.
Celle de la Motte Picquet, non.
Je veux changer. Arrêter le ménage. Travailler comme caissière, par exemple. Je vais à l’ANPE. On me propose une formation. Je la ferai au mois de janvier. Il y a beaucoup de formations différentes. Caissière, auxiliaire de vie… Il y a des formations de trois mois, de six mois… L’idéal ce serait de travailler dans une banque, j’ai fait des études pour ça dans mon pays. Je ne peux pas en parler avec la dame chez qui je travaille, quand j’arrive elle s’en va, elle travaille beaucoup, elle n’est jamais là, elle est tout le temps au Japon, aux Etats-Unis… Je vais voir s’il y a un moyen de faire valider mes études en France. Mais c’est compliqué. En attendant, je vais faire une formation.
C’est difficile. On n’a pas le choix. Sinon on n’a rien.
 graphisme de Nous Travaillons Ensemble
CELIA
Je suis travailleuse sociale à Emmaüs. Je travaille ici depuis septembre 2007. J’ai commencé comme permanente, je venais d’avoir mon diplôme. Comme ça se passait bien, je suis passée travailleuse sociale. On n’a plus du tout le même rapport avec les hébergées. En tant que permanente, j’étais en contact direct avec elles. En tant que travailleuse sociale, j’ai d’autres discussions. Moins intimes. Ça tourne plus autour de l’hébergement, du logement, du travail. Mais je garde le contact avec les dames grâce au côté animation de mon travail.
Je ne suis pas assistante sociale. Je fais le relais avec les différentes structures.
Avant, j’ai été vendeuse dans un tabac presse. Pendant cinq ans. J’ai bénéficié d’une bourse pour reprendre mes études en IUT. J’ai fait un DUT animation sociale et socio-culturelle. Je connaissais le domaine culturel, alors ce DUT m’a convenu. J’ai découvert ici la facette sociale. Après le bac, je m’étais intéressé aux carrières sociales. Je m’étais dit non, je m’étais dit que je n’aurais pas les épaules, que je ne serais pas assez forte. J’avais fait un bac théâtre, je voulais aller plus loin. Mais ça n’a pas été possible, j’ai dû travailler. Et finalement, quelques années plus tard, je me retrouve dans le social.
Après le DUT, j’ai envoyé une centaine de candidatures. Spontanées. J’ai pas fait les maisons de retraite, ma mère travaillait dedans, je voulais faire autre chose. Je n’ai eu que dix réponses, parmi lesquelles une seule réponse positive : Emmaüs. Ici, il n’y a plus de bénévoles. Emmaüs a grossi d’un coup, il y a eu une volonté de professionnalisation. Avant il y avait surtout des personnes de terrain. C’est complémentaire.
Plus tard, j’irai voir autre chose. Je n’ai pas envie de rester collée à un endroit et tomber dans la routine. Le travail avec les familles, ça m’intéresserait aussi. Voir comment le travail s’articule avec une famille. La culture et le social, pour moi, c’est un tout. Chacun en a besoin.

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